Éditorial du Mois

Marie : « originale et irremplaçable »

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Les fêtes de Pâques finies, il semble qu’après quelque repos, la routine matérielle, mais aussi spirituelle reprend. Le temps pascal, celui de l’Ascension, puis celui de la Pentecôte seront rapidement là. Ce qui fait que ces quelques semaines qui nous séparent de la fin de l’année scolaire sentent déjà quelque peu les vacances.

Pourtant ces semaines seront bien occupées : les professions de foi, la fête de l’Ascension, le pèlerinage de Chartres à préparer, la kermesse de l’école Saint Anselme, le pèlerinage scout, la préparation aux premières communions… chaque week-end aura son évènement.

Au milieu de tout cela, les semaines ne désempliront pas, pour le plus grand bien de notre vie spirituelle : l’adoration du jeudi-vendredi, les catéchismes de tous âges, l’école de prière, le parcours Kephas, l’œuvre sainte Monique, le Groupe Sainte Madeleine, Domus… j’en oublie certainement.

Cependant, entre ces mille occupations (qui ne concernent que le domaine spirituel), notre âme doit garder la paix et la joie spirituelle qui lui vient de la Résurrection. Sans cela, à quoi servirait « l’entraînement du carême » dont nous parle saint Paul, et à quoi se rattacherait « l’allégresse » qu’évoque jour après jour le Graduel Haec dies des messes de ce temps ?

C’est donc tout à fait à propos que le mois de mai arrive généralement au cours du temps pascal.

Car ce moi dit « de Marie » qui commence en ce 1er mai, nous remet devant les yeux de l’intelligence et du cœur Notre Dame. Nous sommes actuellement un peu comme les Apôtres qui, après la résurrection et les apparitions de Jésus, doivent peu à peu se préparer à vivre avec lui d’une nouvelle façon. D’abord avec cette distance apparente qui lui vient de son nouvel état de ressuscité, puis après l’Ascension, en apprenant cette nouvelle proximité par les sacrements et la prière. Certes, pour nous cette façon de vivre avec Notre Seigneur nous est habituelle, mais il n’est pas inutile de tenter de se représenter les atermoiements qu’ont vécu les Apôtres après la Résurrection. Cela nous servira toujours, car nous savons bien que rester proche de Dieu dans un monde qui l’ignore et veut à tout prix le faire oublier, est parfois difficile et aléatoire.

Imitons donc les Apôtres qui, très probablement, se sont peu à peu tournés vers celle qui a toujours été si discrète, mais qui n’a jamais vraiment disparu, qui n’a jamais changé, et qui était le mieux placée pour les aider à rester unis à leur maître et sauveur parce qu’Il avait été son propre Fils. C’est elle qui sera maintenant leur socle pour les assurer, leur phare pour les guider, et leur mère pour les rassurer et les conforter dans les aventures d’Evangélisation qui les attendent.

Rien n’a changé de nos jours ! Un jésuite, le père Doncœur, nous dit que la Sainte Vierge est en nos vies un apport « original et irremplaçable ». Il explicite ainsi le repère fondamental que doit être Notre Dame pour chaque chrétien : « Il est impossible à un chrétien de prendre son juste épanouissement moral s’il ne comprend pas ou s’il refuse les valeurs spirituelles représentées par la Sainte Vierge. » (1)

Elle est en effet un socle vers lequel nous pouvons nous tourner avec confiance, car elle-même est déjà perpétuellement tournée vers nous, comme en témoignent ses nombreuses apparitions. Le Père Doncœur, face au dévoiement perpétuel qui tente nos sociétés, nous indique en quoi elle est « originale et irremplaçable » : « L’Eglise nous a appris qu’une créature est demeurée parfaitement en place au milieu de la déroute universelle. Immobile en non pas rétablie ; inviolée et non pas guérie ; droite et non pas rectifiée. Celle qui aux sources de son être n’a pas connu autre chose que l’ordre. (…) S’il y a une pureté parfaite, il y a des purifications possibles. S’il y a une rectitude, il peut y avoir des redressements. Dans l’universelle déviation, il y a un axe, et non pas céleste seulement, mais traversant notre terre, notre chair. »

Ainsi par son Cœur Immaculé qui jamais n’a dévié, ni du vrai bien ni de la vraie foi, Marie est celle vers qui se tournent instinctivement tous ceux qui veulent garder une vie spirituelle sainte et assurée. Tout comme l’étoile demeurant imperturbable quand la mer est agitée, Marie est celle à qui nous devons nous attacher toujours plus sûrement à l’occasion de ce mois de mai.

                                                                                                                                                                    Abbé Cyrille Perret

(1) La sainte Vierge dans notre vie d’homme – Paul Doncœur S.J.