Éditorial du Mois

Trésor à gagner

 

Si par colère je crève les pneus de mon voisin, et qu’ensuite je me repens, j’aurai à faire deux choses : demander pardon, et remplacer les pneus ou payer le prix correspondant.

De même, tout péché a deux aspects : il abîme ma relation à Dieu, et il crée un lien malsain aux créatures. « Mon peuple a commis un double crime : ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, et se sont creusé des citernes lézardées » (Jérémie ch. 2). Cela appelle d’une part le pardon, d’autre part la compensation.

Dans les premiers siècles les coupables de fautes graves devaient faire une « pénitence publique », comme l’empereur Henri IV attendant trois jours devant le château de Canossa où séjournait le pape. Puis la confession individuelle s’est étendue au XIIe siècle. Alors, puisque la « pénitence » indiquée après l’absolution est souvent minime, elle est appelée à se prolonger. Et après la mort, les souffrances du Purgatoire servent à consumer tout résidu des souillures. Mais l’Église offre de remettre la dette due au péché en faisant jouer les « vases communicants » : le surplus d’amour et de souffrance vécu par les uns se déverse sur les autres. C’est ce qu’on appelle les Indulgences, soit partielles soit plénières, que nous pouvons gagner en accomplissant telle prière ou telle démarche spirituelle.

Trois conditions sont requises : La confession, la communion (dans les huit jours avant ou après) et la prière aux intentions du Souverain Pontife. Pour recevoir une Indulgence plénière, il faut aussi être sincèrement décidé à combattre tout péché.

Nous pouvons obtenir des Indulgences soit pour nous-mêmes, soit au profit des défunts « par mode de suffrage », c’est-à-dire en offrant telle prière ou telle œuvre pour demander au bon Dieu de hâter leur entrée au ciel. Quel plus beau geste de charité ?

 

Le trésor des Indulgences est à notre disposition plus souvent qu’on ne le pense. Voici quelques occasions pour gagner une Indulgence plénière. Liste précieuse à noter !

Quatre d’entre elles sont possibles tous les jours de l’année :

Accomplir le chemin de croix ;

Adorer le Saint Sacrement pendant une demi-heure ;

Prier le chapelet en commun ;

Lire l’Ecriture Sainte pendant une demi-heure.

Les autres sont spécifiques à certains jours.

Voici celles du mois de novembre applicables aux défunts :

– Du 1er au 8 novembre, visiter un cimetière en priant pour les défunts.

– Le Jour des défunts, visiter une église ou un oratoire en y en priant le Notre Père et le Je crois en Dieu.

 

Abbé Augustin Cayla