Éditorial du Mois

De retour

 

Nous voici de retour ! Après les vacances, la communauté paroissiale reprend sa forme.

« Me voici de retour » : cette courte phrase conclut « Le seigneur des anneaux » de Tolkien. Après la grande aventure dont l’enjeu était de sauver le monde, le mot de la fin peut sembler plat. Et pourtant il évoque bien plus qu’un retour à la case départ, car entre-temps tout a changé. Les personnalités ne sont plus les mêmes.

Bien des myhes et légendes sont des récits de voyages. Quel est l’important dans le voyage ? C’est le retour. L’itinéraire géographique est surtout un itinéraire intérieur. Il s’agit de revenir meilleur ! Le pélerinage de Compostelle en est une belle parabole : l’aller se fait vers l’Ouest, dos au soleil levant. Le retour se fait vers l’Est, le visage tourné vers sa lumière. Entre-temps, le pèlerin a fait mourir le vieil homme pour devenir un hommme nouveau : la tradition le faisait aller jusqu’à la plage de Padrón pour y brûler ses vêtements, et ramasser la fameuse coquille qu’il porterait sur le chemin du retour.

Les pélerinages, les chasses au trésor et les quêtes du graal ont pour vrai but non pas un objet, mais un changement de vie.

Les déplacements d’été nous ont fait changer d’air et de relations. Si c’était un entraînement pour garder la fraîcheur d’âme même dans le rythme quotidien ? Dieu nous préserve de devenir, comme dit Péguy, une « âme habituée » qui succombe à « l’embourgeoisement ».

Dans la paroisse en ces jours de rentrée, un défi concret est de faire connaissance avec ceux que nous ne connaissons pas encore. Qui sait ce que le bon Dieu nous appelle à faire ensemble ? Donc, si nous restions un peu plus sur le parvis ?

Alors les expériences emmagasinées porteront leur fruit.

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »… Heureux qui comme les scouts garde un cœur de campeur, qui ne s’installe jamais sur le chemin vers la sainteté, et ne connaît pas de cadenas pour sa tente.

Heureux qui se prépare ainsi à l’ultime retour :

« O Vierge de lumière, étoile de nos cœurs…

Fais-nous quitter l’existence joyeux et pleins d’abandon,

comme un scout après les vacances s’en retourne à la maison ».

 

Abbé Augustin Cayla