Éditorial du Mois

Le sommet de la Révélation

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Pendant ce mois de juin, nous sommes invités à contempler amoureusement le Sacré Cœur de Jésus. Nous avons là la quintessence de la révélation de Dieu, nous pourrions même dire son sommet. Dieu a un Cœur! Telle est la fine pointe de la révélation de Dieu à l’égard de l’humanité.

Dans l’ancienne alliance Dieu s’est révélé comme étant unique. Tout dans l’ancien testament portait sur la révélation du Dieu unique. Ce qui était déjà une grande première pour les tribus polythéistes, qui furent sans doute soulager de cesser de s’adresser à tel dieu pour la pluie, et à tel autre pour le soleil. Dieu s’est révélé comme unique, principe unique de toute chose : « Je suis celui qui suis » (Ex 3, 14), cela signifie je suis l’Etre même, le principe et la fin de toute création. Dieu dans l’ancienne alliance, s’est aussi révélé comme prenant soin de son peuple, mais tout cela était encore bien insuffisant pour le cœur encore trop lent à croire de l’homme.

Alors Dieu le Père, par l’incarnation de son Fils, comme son image la plus parfaite puisque ne faisant qu’une substance avec Lui, nous révèle qu’il y a de la vie en Lui. Dieu, en effet, n’est pas cet être statique, muet comme une pierre, ni ce juge indifférent à sa création! Il y a de la vie en Dieu, l’incarnation, qui nous révèle le mystère Trinitaire, nous dit même qu’il y a en Dieu des relations, puisqu’en Dieu il y a trois Personnes, bien qu’égales en tout. Et puisqu’il y a relation en Dieu, il y a entre les Trois Personnes de la Sainte Trinité un même Amour.

Dieu a enfin permis que soit relatée la fine pointe de sa révélation, celle du Sacré Cœur ! Elle nous est offerte par l’Évangile de Saint Jean. Après que le Seigneur Jésus meurt sur la Croix, un soldat vint planter sa lance dans le côté du Christ, d’où il sortit du sang et de l’eau. Dans la culture sémitique, le cœur n’est pas n’importe quoi. Le cœur c’est la place de l’âme. Saint Jean ne manque pas d’insistance sur ce point, il en appelle à toute l’émotion des juifs. Il leur montre jusqu’où le Seigneur a accepté d’aller pour sauver son peuple.

Dans toute la logique du Salut, le Cœur de Jésus vient comme couronner, achever, ce que Dieu a à nous dire.

Et aujourd’hui dans un monde aussi froid, dans un monde où le pardon n’existe pas, dans un monde où l’on se raille de tout et de tous en permanence, il est je crois capital de témoigner de cette grande révélation.

Ce qui est capital à l’échelle de notre société, ce pourquoi nous disons bien d’ailleurs, comme nos anciens, que le Sacré Cœur est l’espoir et le salut de la France, est aussi essentiel à l’échelle plus humble de nos familles. C’est pourquoi l’Église encourage de faire introduire solennellement le Sacré-Cœur, dans la famille, par une dévotion particulière en présence du prêtre. Mais capital aussi, à l’échelle de nos communautés paroissiales, pour obtenir la grâce d’être libérés de nos froideurs, de nos égoïsmes, qui nous empêchent encore d’aimer le prochain qui est assis à quelques bans de moi, comme moi-même, et comme le Christ l’aime. 

abbé Bertrand Lacroix