Éditorial du Mois

« Avant de nous quitter : embrassons-nous ! » C’est la coutume, en effet, pour des amis, avant de se séparer, de se donner une marque  d’affection. La chose n’est pas nouvelle et les Actes des Apôtres en font déjà mention, dans les débuts de l’Eglise. Prenant la parole devant les « Anciens » d’Ephèse (les chefs de la communauté chrétienne de cette ville), à Milet, saint Paul leur apprend que, désormais, ils ne se reverront plus… « Quand Paul eut ainsi parlé, il s’agenouilla et pria avec eux tous. Tous se mirent à pleurer abondamment ; ils se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient […] ; puis on l’accompagna jusqu’au bateau. » (Lc, 20, 36-38) Emouvante embrassade, dont il faudra nous souvenir à l’heure de bientôt nous séparer.

L’été approche, en effet, à grands pas – et, avec lui, le moment des grandes séparations. Pour certains, elles ne seront que temporaires et nous nous retrouverons à la rentrée ; pour d’autres, elles auront un caractère plus définitif et les déménagements annoncés les enverront, dans quelques semaines, aux quatre coins de la France et du monde. En cette période d’au revoir et d’adieu, manifestons donc plus abondamment encore notre charité : il ne s’agit pas, nécessairement, de se livrer à une grande séance de « câlinothérapie » sur le parvis de la Madeleine à l’issue de la Messe – mais d’avoir cette prévenance, cette attention à autrui, ce sourire qui est le premier des actes missionnaires.

La liturgie nous invite, d’ailleurs, à un tel réveil de la charité. Le mois de juin a commencé avec la fête de la Pentecôte : nous y avons célébré l’Esprit-Saint – Lien d’Amour éternel entre le Père et le Fils, qui nous relie à Dieu et nous lie aux autres par la charité ; elle qui, nous dit saint Paul, « a été répandue en nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » (Rm, 5, 5). Nous avons, ensuite, honoré la très Sainte Trinité, échange infini de l’Amour en Dieu. Puis vient bientôt la Fête-Dieu, durant laquelle nous magnifions le Sacrement de la charité : la sainte Eucharistie en laquelle le Christ se donne à nous – suprême témoignage de sa tendresse pour « ceux qu‘il aime » (Jn, 15, 13). Enfin, ce mois de la charité s’achèvera avec les solennités du Sacré-Cœur : nous célébrerons ce Cœur « qui a tant aimé les hommes », ce Cœur qui bat pour chacun d’entre nous d’un amour à la fois infiniment divin et profondément humain. Comment dès lors rester insensible devant tant d’appels, devant tant d’exemples lancés à notre charité ?

Des initiatives concrètes nous permettront de traduire en actes cet amour fraternel qui doit être le nôtre, avant les éloignements de l’été :

L’apéritif communautaire, le dimanche 26 juin, à l’issue de la Messe de 10h, sur le parvis de la Madeleine.

 * Le pique-nique de fin d’année, le dimanche 3 juillet, à partir de midi, au bois de Chailluz – suivi, cette année, de jeux et d’animations pour les enfants (organisés par l’une de nos patrouilles de Guides. Infos : celestedepompignan@ gmail.com).

Venez nombreux, proposez vos services, allez vers les inconnus, les fidèles nouvellement arrivés, les personnes plus esseulées ! Que la charité – amour concret du prochain que Dieu met sur notre route, au-delà de nos affinités personnelles, de nos envies, de nos fatigues – ne soit pas simplement un mot de nos liturgies mais qu’elle soit le refrain de notre mois de juin. Dans le feu de l’Esprit-Saint qui seul peut nous donner d’aimer ainsi, gratuitement, chaleureusement. Embrassons-nous !                                                                                       

 

Abbé Jean-Baptiste Moreau