A propos de Notre Dame de Paris

A propos de Notre-Dame de Paris

 

            Dans la soirée du Lundi Saint, la vision du feu embrasant la flèche de Notre-Dame de Paris nous a plongés dans la consternation. Elle a saisi au cœur des millions de personnes à travers le monde entier, frappées de stupeur, d’effroi et de tristesse.

            Les croyants, fervents de Notre-Dame, les hommes d’art et de littérature, les amoureux du patrimoine et de l’histoire, les touristes et les passants, tous ont regardé, hébétés et angoissés, ce qu’ils pensaient ne jamais voir.

            Depuis lundi, les dons et les promesses de reconstruction affluent et nous nous en réjouissons car nous pouvons y lire espoir et détermination. Rappelons toutefois qu’une cathédrale ne se bâtit pas uniquement avec des compétences et des moyens financiers. Elle se construit avec la foi.

            Victor Hugo a chanté Notre-Dame de Paris, l’Unesco l’a classée au patrimoine mondial de l’humanité, notre belle histoire de France l’a placée au cœur de sa vie, à de maintes reprises, pour la peine ou pour la gloire. Sans doute, aujourd’hui, Notre-Dame de Paris est-elle plus qu’une église. Mais elle est avant tout une église. Sans doute, appartient-elle, d’une certaine manière, à la France, au monde entier. Mais elle est avant tout d’Eglise. Notre-Dame est à tout le monde, sans aucun doute, car l’Eglise offre ses trésors à tous. Rappelons toutefois que ce ne sont ni les écrivains, ni les instances internationales de la culture, ni les généraux, ni les touristes – pas même les rois qui l’ont construite – mais la foi.

            Sans la foi catholique, on peut lancer un chantier, restaurer une voûte, réhabiliter un patrimoine. Mais on ne peut pas construire – ou reconstruire – une cathédrale, comme œuvre spirituelle, comme écrin de la grâce et des sacrements, comme une louange de pierre lancée vers le Ciel. C’est pourquoi nous devons souhaiter de tout notre cœur et prier pour qu’un autre feu s’allume maintenant. Non plus un feu terrible et destructeur qui ravage nos trésors mais un feu d’amour et de foi dans le cœur de tous, qui les attire vers le Seigneur.

            Car ces églises, ces chapelles, ces monastères que nous chérissons tant, que les touristes aiment tant visiter ne vivent que de foi. Ils vivent par la présence en leur sein des croyants, qui y prient, qui y passent du temps, qui y donnent de leur sueur et de leur temps. Si nous aimons nos églises, si nous voulons qu’elles demeurent ces lieux de beauté et de recueillement, venons en leur sein – habitons-les de notre présence et de notre foi. Il n’y a que la foi qui fasse vivre et durer les églises que nous vénérons. Il n’y a que la foi qui bâtisse et rebâtisse les cathédrales si chères à notre cœur. Voilà ce que clame la vision poignante et pleine d’espérance des deux tours de Notre-Dame qui se dressent encore fièrement au-dessus des ruines et des cendres. Prions et témoignons pour que jaillisse dans le cœur de beaucoup la lumière de la foi. 

 

Abbé Jean-Baptiste Moreau